Mis en avant

Mon amour est rêvolutionnaire, mon intimité c’est là que je veux lutter.

Mon amour est rêvolutionnaire. Celui de moi à moi pour commencer. Parce que ça ne va pas de soi. De m’aimer moi, pour qui je suis, m’apercevoir vraiment et trouver que je suis une belle âme, ça ne coule pas de source. Le fardeau d’une femelle humaine. Faire partie du clan minorisé, minimisé, invisibilisé, sous-évalué, sous-estimé, silencié.

Éduquer dans la sensation que je n’étais pas dans le bon, vu mon sexe. Bienvenue dans le monde patriarcal qui te donne à croire que l’homme vrai c’est ce que tu dois être. Qu’importe ton sexe de naissance tu dois te plier à cette injonction de conformisme. Renier le con dont tu es sorti.e.x et essayer de te viriliser. De te déshumaniser. Oui, c’est ce que le mâle fait. L’homme vrai laisse derrière lui ses émotions et ses connexions sincères pour paraitre autonome et indépendant.

Tout en façade, assurément.

Société de l’image qui empêche de voir derrière les masques qu’on porte. Déjà bien avant la pandémie, évidemment. Donc j’ai grandi dans cette honte d’être moi. De cette vulnérabilité encombrante, de mes sentiments qui explosent tout le temps, de mes larmes qui coulent tels des torrents. Super souvent. Trop pour beaucoup de gens. Trop c’st ce que j’ai peur d’être tout le temps. Trop demandante, trop présente, trop sentimentale, trop extrême, trop en colère, trop collante. Trop, trop, trop. Trop moi. Cette peur d’être vrai et authentique c’est grâce à des thérapies que j’ai pu l’adoucir. Commencer doucement à m’aimer.

Être capable de percevoir ce que j’aimais en moi. Être fière de la personne que je suis. Pas tout le temps mais plus régulièrement. L’amour de soii ne vient pas comme ça. Pas dans une société qui vise à uniformiser les mentalités, qui brise les individualités, qui valorise les clichés, qui nous fait taire nos vulnérabilités et qui vante la masculinité toxique comme unique porte de réussite.

Pour s’aimer soi, ça demande du travail. Du temps, de l’énergie et de l’argent. Ca passe par panser des blessures d’enfance. Regarder les merdes accumulées au fur et à mesure des années et trouver des trucs pour les gérer. Affronter ses fêlures. Toutes ne pourront être cicatrisées. Mais les connaitre, les reconnaitre permet d’avancer. Mieux se connaitre c’st quand même une sacré belle clé pour avancer et se lier à d’autres personnes. C’est ça qui rend autonome. La connaissance de ses sentiments et l’écoute de l’autre.

Ca permet de voir qu’elle est sa part de responsabilité dans une situation donnée. Qu’est-ce qui vient de tes blessures que l’autre vient réveiller sans y penser et tu peux alors avancer. Trouver les pas pour danser dans cette intimité qui se co-crée.

L’amour de soi ne vient pas comme ça. Ne va pas de soi sur cette planète.

Actuellement, j’ai fait le bilan de ce travail de soin que je poursuis. En 3 ans, j’aurais dépensé 2500€, passé 90h en travail psy (estimation clairement à la baisse, qui n’inclut pas les stages d’auto-défense et les soins informelles données par les copaines).
Comment mesurer l’énergie que j’y ai mise ? Que j’y consacre encore, de ton mon coeurps ? Pour me penser autrement, pour panser mes plaies sereinement.

Le mâle tout puissant de notre société patriarcale ne m’a pas épargné. Et tout ce travail de soin est invisibilisé. A quoi bon l’amour de soi finalement ? Surtout en tant qu’homme. Tu n’as qu’à prendre l’amour, l’attention, l’affection que les femmes de ta vie te donne. Sans rendre des compte, habitude de la réception. Le don de soi, ce n’est pas pour toi.

J’aimerais que les hommes de ma vie, mes frères, mes pairs, mes amants, mon entourage entier et oui, j’ose rêver, les hommes du monde entier, perçoivent à quel point leur indépendance n’est que de façade vu que niveau autonomie et travail sentimental ils ne sont nulle part. Et que donc ils profitent de moi. Et de toutes les femmes de leur vie. Qui ont été éduquées/socialisées dans le soin de l’autre, l’écoute, la douceur. Les hommes récoltent le fruit du travail de soin des femmes alors qu’ils participent à semer les graines de nos mal-êtres. Celui de ne pas être eux donc d’être moins bien. Satanés mécanismes ingérés qu’on n’ose pas nommer. Sexisme intégré dans nos psychés. Impossible à déloger à sans y travailler, sans être accompagné.

C’est donc nos intimités que tout est joué. Dans ces zones qu’on ne veut parager parce que c’st intime. C’est là que se joue la politique. C’est là que se trouve la révolution.

Mon amour pour toi, homme de ma vie, est rêvolutionnaire. Si je choisis de continuer à entretenir une relation avec toi c’est parce que j’ai confiance que tu peux changer. Et même que tu souhaites aussi te libérer de ce poids que la société te fait porter. De ce masque d’indifférence sous lequel tu étouffes, sans souvent le remarquer. Que tu ne veux pas être un oppresseur et que donc tu vas prendre à coeur ta déconstruction. Oui, c’est du travail mais pas de ouin-ouin-isme.

Tu n’as pas choisi ce privilège mais tu hérites de cette responsabilité. A toi de jouer pour participer à remettre de l’égalité dans tes interactions avec les femmes de ta vie. Et puis moi je sais que je peux vivre sans toi en fait. Ca me ferait chier, hein, je rêve d’une vie en mixité et en égalité mais si tu ne souhaites pas changer, je m’en irai vers des contrées en mixité choisie.:-) Aussi, à partir de maintenant, je souhaite valoriser et visibiliser le travail de soin émotionnel que tu me demandes parfois de faire pour toi. Et de te demander de payer pour ça. Si tu ne vois pas de psy, ne compte plus sur moi faire le faire gratis. J’en ai marre de passer du temps et de l’énergie là-dedans. J’ai aussi des choses à racontrer, autre que m’échiner à t’aider à comprendre pourquoi tu te sens pas bien.

C’EST UN PUTAIN DE TRAVAIL QUE COMPRENDRE SES ÉMOTIONS, BORDEL.
JE GÈRE LES MIENNES, MERCI D’EN FAIRE PAREIL.

Ce qui m’enrage c’est parfois que je passe tellement de temps à donner de mon énergie à des hommes qui ne savent pas gérer leurs émotions que j’en ai plus pour mes soeurs qui sont dans la galère et dont personne ne prendra soin si ce n’est d’autres femmes.

Voilà ma facture pour les prochaines fois. La cup est pleine. Je ne veux plus de ce travail émotionnel invisiblisé. SI je le fais, c’est consciemment.

Merci d’en faire autant.

Mon amour pour toi est rêvolutionnaire, j’aimerais que le tien en soi autant. Prends soin. De toi et des autres.

Ps : si tu veux participer à mes frais de thérapie, n’hésite pas ! BE81 3101 4363 1424 😉

Pps : je suis une femelle blanche cis-genre dans un corps valide et standard, c’est donc plus facile pour moi que nombreuses de mes soeurx.s et j’en suis consciente. Al est clair pour moi que le problème c’est aussi que la masculinité toxique et globalisé est blanche et coloniale. La rêvolution sera intersectionnelle !

Ppps : c’est clair que le problème c’est aussi cette foutue hétérosexualité qui t’empêchent, à toi homme, de créer des liens authentiques avec des hommes sans crainte d’être « homo ». Si tu pouvais créer des relations sincères et à coeur ouverts avec tes pots, ça nous allègerait déjà pas mal 😀

Qui sont les bitchounours ?

3/9/21

  • Les bitchounours sont des personnes qui croient en l’Amour et la Joie comme levier de changements révolutionnaires.
  • Les bitchounours oeuvrent à la création des utopies sociétales, queers, décoloniales, féministes, dans lesquelles les individu sont libres d’être, sans oppression, qu’importe leur race, leur âge, leur apparence, leurs corps, leur fonctionnement neuronale (…).
  • Les bitchounours croient que le changement est à la fois individuel et collectif. Als se donnent la possibilité d’être rêvolutionnaire, travaillant plus à cela en fonction de leurs privilèges.
  • Les bitchounours croient que l’intimité est le premier champ de transformation.
  • Les bitchounours croient à la multiplicité des tactiques et à la créativité comment ingrédients et agents de subversion.
  • Les bitchounours, contrairement à leurs cousaines les bisounours ne sont pas pacifistes. Als utiliseront la violence si nécessaire.
  • Les bitchounours ont conscience que la Joie ne peut en aucun cas devenir un dogme et étouffer les sentiments communéments perçus comme « négatifs » : tristesse, peur, désarroi, méfiance… Tous les sentiments sont légitimes. Als ont conscience que la Joie ne doit pas devnenir comme le Bonheur, une injonction, un outil pour museler les personnes opprimées.
  • Les bitchounours mettent l’ensoin au centre de leur organisation individuelle et collective. L’ensoin comprend autant d’attentions au corps, à l’âme et au mental.
  • Les bitchounours valorisent l’expérimentation, la curiosité, les jaillissements. Als forment une borde poreuse aux personnes désirant muter.
  • Les bitchounours tissent des liens authentiques et construisent des ponts durables entre les mondes. Als privilégient la culture de la ressemblance tout en ayant conscience des différences.
  • Les bitchounours prennent le temps nécessaire tout en ayant conscience de l’urgence. Als jouent sur les équilibres et mettent en place leur rythme.
  • Les bitchounours fertilisent les imaginaires et valarisent les rêves pour créer des futurs désirables.
  • Les bitchounours se mêlent et se démêlent les ans les aux autres. Avec respect et en choisissant les règlent qu’als leur conviennent.
  • Als ont la conviction que la vulnérabilité, l’expression de la honte, la peur, les secrets, sont des leviers de changements pour en finir avec la culture des viols et la silenciation des victimes.
  • Les bitchounours veulent que les jeunes personnes cessent d’être opprimer par les plus âgées, que leur éducation vise à connaitre leurs limites, les poser, développer leur estime d’elleux-même, qu’elles soient valorisées et amenées à se développer dans leur individualité.
  • Les bitchounours ont la rage contre les cages, les cases, les bulles et les cellules et veulent la libréation de l’ensemble du vivant, maintenant.
  • Les bitchounours mettent en place une justice réparatrice et ne craignent pas le conflit. Als le valorisent pour l’évolution qu’il permet.
  • Les bitchounours valorisent la spiritualité comme clé pour se sentir relié au Tout. Tout en respectant les différentes croyances.
  • Les bitchounours connaissent la place dans l’Histoire et savent raconter les choses depuis plusieurs point de vue. Als se reconnectent avec la transmission orale.
  • Les bitchounours adorent jouer dans la vie tangible et tentent de mettre la vie virtuelle à une juste place.
  • Les bitchounours aiment la complexité, les nuances et se méfient de la facilité tant dans les discours que dans les objets.
  • Les bitchounours sont vulnérables, faillibles et en évolution constante.
  • Les bitchounours croient que l’avenir n’est pas écrit. Ni pessimistes ni optimistes als tâchent de mettre en place dans le présent des brêches souhaitables et respirables.
  • Les bitchounours utilisent la mixité choisie comme outil de renforcement tout en espérant vivre dans un monde mixte.
  • Les bitchounours veulent changer le cistème, quitter Hétéroland et arriver sur les archipels de Jouissland.
  • Les bitchounours sont les queeriaires de notre époque, luttant pour la Tendre Rêvolution.
Tatoo de @Florexforever

DE 404 à L’INFINI

11/4/22

404 ce n’est pas une erreur. C’est bien le nombre de facettes que tu as. Au dernier décompte, tu as compté 404 aspects de ta personnalités. Ça m’a scotché.

Je n’en ai pas dénombré autant, ça me surprend, je pensais te connaitre finalement et me voilà confronté au trou béant de mon ignorance face à toi. Ça me fait presque mal.

Je pensais te connaitre et là je doute et je bute sur la chose à faire : je tire un __ sur la personne que je penses que tu es ou alors j’allonge ce trait

————————————————————————————————————————————–

Je te fais plus

d ‘ e s p a c e

J’accepte que tu es plus large que ça.

Et qu’à la fois, à chaque fois que je te ferai un place, tu ne ferais qu’en déborder.

Tu es comme ça. Tes bords sont flous.

Tu es dans une mouvance constante que je ne pourrai réellement jamais appréhender. Et quelque part, ça me frustre. J’aimerais t’attraper, te mettre dans un endroit sécur, pourquoi pas

délimité
l’espace

pour m’assurer que toujours je pourrais te retrouver comme je t’ai connu, que tu resterais inchangé.e, parce que …

J’ai peur de te perdre, tu comprends ? C’est presque pour le bien de notre lien finalement, est-ce que tu peux te mettre-là ? Oui, là, merci ! Non plus un peu là, voilààààà et maintenant y rester ?

FIGE-TOI !

Je réalise à l’instant que je souhaite t’enfermer. Te mettre dans une

CAGE
lacage

J’aurais presqu’envie de te dresser pour qu’à chaque fois que je lève les yeux sur toi, ce soit toujours toi, cette personne que je connais moi qui m’adresse ce sourire. LE sourire qui est pour moi. Le MIEN. Ton sourire est à moi. Ce regard est à moi.

Tu m’appartiens.

Merde.

Ce n’est pas ce que je voulais dire. ‘Fin si peut-être un peu mais ce n’est pas ça que je veux. ‘Fin si peut-être un peu aussi.

Je suis complètement en flip tu le sais, ça ?

Je tiens tant à toi, je veux pas te perdre alors comment on fait ? Comment ça se fait que tu peux me balancer que finalement tu ne serais pas un mais bien une myriades d’êtres, 404 selon tes dires, et que ça ne te fasse pas frémir que nous disparaissions dans la multiplicité que nous devenons, tirés dans les directions alambiqués de ton être mouvant ?

J’aimerais arrêter le temps. Non, le remonter. Pouvoir être juste avant avant. Pouvoir être juste dans cette discussion et puis l’effacer. On serait bien mieux toi et moi. Comme avant. Avant.

Je te vous t’agiter tellement que le dessus supérieur de ta lèvre commence à perler. Tu trembles. Tu trembles à l’idée que nous nous défassions parce que je mets en lumière que jamais tu ne me appréhenderas. Je te donne un coup de pouce en fait. Pour que tu lâches une tache impossible et que tu acceptes que je suis biaisée. Par ton regard.

0.0

Que tu me fais à chaque fois.

÷

¬¬(0.0)/

A chaque fois que tu poses un regard sur moi tu me découpes du plan de l’espace. Tu me crées non pas à partir du néant mais à partir de ton référentiel.

Je deviens une parcelle de toi. Tu juxtaposes tes pensées et ton regard sur mon être et voilà que je nais. Partiellement. Parfaitement à l’image que tu te dais de moi. Et ça t’énerve que je te dise ça et pourtant, pourtant ce n’est que tentative d’apaisement ce que je tente de te déballer. Un cours de psycho-méta-relationnel qui vaut quelques balles, une piqûre de rappel sur nos manières de voir et de nous relier. Nous projetons notre être sur l’autre.

Tellement de fois. Tellement de fois. Tellement de fois. Tellement de fois. Tellement de fois.

Sans nous en rendre compte, nous dé bor

dons.

Nous nous étalons et enveloppons celleux avec qui nous sommes en contact, de ça. De nous. Comment tu me perçois reflète ton image. Ce que tu aimes chez moi, tu le voudrais en toi (et tu l’as) et tout ce que je te renvoie de chiant, devine qui le fait également ? Pénibilité humaine et à la fois une mine d’or pour se connaitre ainsi que nos chaines.

Ce chiffre par exemple, 404, ce n’est pas un hasard s’il sort. C’est parce que ça m’évoque un lieu ressors pour moi, sur la compréhension d’être soi, en groupe, nos facettes, nos projections, comment tu switches quand ça touche à des blessures du passé. Comment tu peux grandir quand des gens t’inspirent. Ça a été un endroit ressors et retors. Parce que ma manière d’être et d’appréhender est tordu de base par mon passé. Et je passe parfois à côté de personnes sans oser creuser un lien, sans me donner dans la profondeur des fois, parce qu’une part de moi est encore cette victime de rejet.

Alors j’ai mis une technique imparable au point : je m’assure de me rejet en premier comme ça, c’est plié. Je suis dans le groupe mais pas complètement. Un pied en dehors

pour prendre la tangente. J’suis extraverti.e quand al s’agit d’être sur une scène en public mais trouver la juste interaction dans un groupe qui est occupé à chiller, me tétanise.

Alors je me pose nulle part, je papillonne, je décolle vitevitevite avant que le coup bas ne tombe et je me trompe c’est moi qui me déclenche, qui revit des situations anciennes au présent et finalement le futur se teinte des mêmes schémas et de boucles qui se répètent. (se répètent se répètent se répètent se répètent se répètent se répètent se répètent)

Jusqu’à ce que peut-être tu comprennes que je ne suis qu’une facette, que tu me projettes et que je fais la même. Que pour se rencontrer, on doit accepter de se décentrer. De se concentrer pour que toute notre attention nous permette de contrer nos projections.
Pour qu’advienne réellement la rencontre et l’altérité.

Je ne puis te dire autre chose mon amour que nous valons bien ce détour. Je sais que tu le vois quand on se regarde en face, qu’à travers la glace, on dépasse. Qu’on est plus que ce que ça nous reflète. Même plus que c’est 404 facettes. Y a aucune erreur.

Nous sommes infini, en fête.

Je t’aime, je m’aime, je nous aime, je vous aime. ∞∞∞

Part d’ombre

Part d’ombre en moi, explique-moi pourquoi tu es comme ça ?

Pardon ? Qu’entends-tu quand tu dis ça ?

Et bien je parle de ton comportement louvoyant, tu avances en sinuant, serpentant ne te montrant que peu. Tu te caches et te soustrais au regard et quand tu agis, y a souvent ce goût de surprise qui laisse hagard. Une hébétude aussi. J’ai beau savoir que tu existes, là en moi, je ne m’y fais pas à ton comportement. Je n’ai toujours pas l’habitude. Alors quand tu sors, ça m’emporte loin dans la tourmente. Je em demande à quoi tu sers sincèrement. Et pour qui tu oeuvres finalement. N’as-tu pas un autre maitre auquel tu obéis ? Avoue, tu agis pour me pourrir la vie.

Petit être sans tête, tu t’entêtes à croire que je sers une autre personne que toi-même. Tu souhaites m’amener à te renier, dire que je voue à d’autre une allégance. Ne vois-tu pas que ce n’est pas moi qui te trompe sinon toi qui cherche un combat là où al n’y en a pas ? Je suis une facette de toi, une que tu rejettes bien souvent. Cela m’attriste énormément, parlons-en.

Que dis-tu là ?! Diable, tu me mens aussi éhontément. Bien sûr que tu es mauvaise. Regarde les dégâts que tu causes, les peines que tu crées. Après ton passage, je ne compte les heures à me démener pour ramasser les débris de ce que tu as cassé. Je m’évertue à construire des choses magnigfiques et une seule de tes apparitions ramène tout dans les tréfonds.

C’est que tes bases n’étaient pas solides. Que de base, tu t’es menti.

Voilà, classique toi, tu me remets ça sur le dos. Ne peux-tu pas être responsable pour une fois ? Assumer et me dire que oui, c’est ta faute à toi.

J’accepte de reconnaitre mes faits et festes mais pour les conséquences, c’est à toi de composer. Si tu poses la question sous un autre angle, tu verras que le mal n’est pas là.

Comment ça se fait que mes actions produisent tant d’effets si ce n’est parce que tu ne prends pas des choses à ta charge. Une part de monstre peut-être ? Ou de mystère ? J’ai bon dos pour te déculpabiliser. Je serai la faute incarnée. Merci d’utiliser un nuancier.

Comment nuancer l’échec ? Tu veux que je parle de merde brunâtre, de diarrhée foncée, de vomis jaune bile, de sang nuance douleur ou rouge-ardeur ?

Ta palette de couleur n’est pas mal. Mais redéfinis l’échec.

Oh, non, sérieusement, tu me prends pour une enfant ?

Si en tant que jeune personne on t’avait mieux appris ça, crois-moi, on en serait pas là aujourd’hui.

L’échec, c’est rater. L’échec c’est causer de la peine. L’échec c’est ce goût amer quand tu voulais ardemment quelque chose et que ça ne fonctionne pas. C’est le cri de douleur que tu émets quand tu tombes alors que tu avais atteint un palier. L’échec c’est répéter des erreurs plusieurs fois. L’échec c’est toi.

Bon, comme je fais partie de toi, tu dis que tu es un échec. Et ça n’a pas l’airde te faire du bien. Si tu remplaces échec par brouillon, est-ce que c’est mieux ? Un brouillon est nécessaire pour apprendre, pour parfaire ce qu’on entreprend. Un brouillon permet de prendre le temps, de profiter du processus autant que de l’objectif fixé au début, le brouillon suggère amélioration, motivation. Bien sûr aussi résignation et frustration. C’est fluctuant les sentiments. Le tout c’est de ne pas laisser des émotions entâcher le brouillon et te bloquer dans ta tâche d’amélioration.

Et la douleur, on en parle de la douleur ?

Tu veux qu’on en dise quoi de la douleur, joli coeur ? Tu veux l’éviter ? Tiens, prends de la morphine et lévite mais ne te plains pas après si la vie t’évite. Oui, la douleur est dure à supporter surtout quand tes actions la font porter à d’autre.

SUBIR !

Subir à d’autres. Et c’est là que la douceur intervient. Ne vois-tu pas que la lettre qui sépare ces deux mots te montre le lien qui les unit ?

Quand tu causes de la douleur, quand tu las subis en mirroir parce que ce que tu donnes, tu le reçois, envelippe toi de douceur. Prends-toi dans les bras. Berce-toi. Non d’illusions mais des améliorations à venir. De compréhension, de compassion. Ne laisse pas un acte te définir. Tu n’as pas fait attention. Tu avais le regard détourné, braqué sur in tention pensée et tu as manqué de voir quels actes poser en conséquences. Ca crée du malheur, ça arrive. Et ça arrivera encore à l’avenir.

Mais c’est dramatique. J’ai envie de préveni ça.

Alors doucement, guéris-toi. Va en toi, retrouve-moi dans les profondeur de ce qui te fait peur, dans ta noirceur. Prends-moi dans tes bras et parlons. Communiquons. Tirons un trait entre nous qui devient un pont. Je redeviens une facette de toi que tu montres sans honte. Juste une ombre. La tienne. Parfaitement juste parce qu’uniquement refletant un aspect de ta personnalité, pas ton entièreté.

Mouais, je suis pas encore à 1000% d’accord avec toi. Quand tu surgis, ça me démunis, j’ai les tripes qui se saisissent, mes poils qui se hérissent et quand je contemple les dégâts provoqués, je me démène entre l’envie de fuir ou de vomir. Trop du mal à te prendre dans les bras, vraiment, c’est plutôt une claque, une giffle, une torgnolle que j’ai envie de te donner. Te plonger la face dans un miroir pour que les brisures éclatent ce sourire que je vois dans les comisures de tes lèvres. T’as pas honte de toi ?

Moi non, toi bien. La honte c’est ce qui te bloque, ce qui t’empêche d’agir, de te montrer selon tes envies, tes désirs. Liées aux qu’en-dira-t-on, aux injonctions, aux projections, la honte fait la monstruosité. Les monstres ne sont pas mauvais dans le fond tu sais. Tellement peu de choses le sont par essence, n’en as-tu pas conscience ? J’entends que tu as du mal à percevoir ce que je t’apporte, aveuglé.e par la douleur causée

SUBIS !

NON ! Suffit de dire que tu subis. Montre-toi responsable. Regarde-moi en face. C’est quand tu me soustrais à toi que tu subis ce qui se passe. Affiche-moi, montre-toi, complexe, multiple et libère-toi de l’appitoiement. Je suis toi finalement. Si tu me rejettes, toi, qui t’accepteras tel que tu es ?

C’est dur ce que tu dis.

C’est la vérité.

Ce n’est pas moins dur.

De la dureté que revêt la vérité.

Je vais méditer sur ce que tu dis, m’éclipser un temps. Merci pour tes mots. Je n’ai pas encore la force de te serrer contre moi mais notre éclipse viendra, crois-moi.

Je le sens, je le sais, c’est notre finalité. Cette conversation, un brouillon.

Hé part d’ombre ?

Oui ?

Pardon.

Glaire

Je me perds dans le vide de mes pensées. Pleines de ramifications en tout genre. Parfois, j’aimerais les chasser. D’autres fois, j’aimerais m’y loger. M’y lover. Ne pas être dérangé.e. Rester au chaud dans mon cerveau, à tergiverser, tourner, retourner, ce qui me déroute, me rend fou et espérer que de ces ruminations viennent une solution, la salvation. Plutôt que les déflagrations causées parles nouvelles nauséabondes de ce monde dirigé par des glaçons coupés de toute capacité d’introspection. Masculinité toxique hégémonique qui vante la dureté, la force et l’intransigeance comme qualité essentielle de l’homme moderne.

Quelles possibilités d’évolution donc quand c’est plus facile de changer de modèle de téléphone (et là, ça doit être au plus vite, ne jamais être dépassé) alors que quand ça traite de faire évoluer le schéma de penser, là, ça traine. Ca fait tellement flipper que ça bloque. Parce que ces messieurs tout puissants ont été élevés nourris, bercés avec cette idée qu’ils sont parfaits. Qu’al n’y a pas grand chose à changer chez eux, ils sont dans le camp gagnant. Alors toute critique et remise en question apportées, surtout lorsqu’elles sont portées par les femmes de leur entourage ou du monde ne sont que des illusions, des mirages, de ces personnes qui n’ont pas compris comment on dirige, comment on vit. « Je suis comme je suis, passe ton chemin si tu ne m’aimes pas et ne te plains pas. » Pétrin.

Nous sommes dans le pétrins avec des crétins bardés de diplômes et pourtant cancres numéro 1 en matière d’innovation sociale. Parce que le pouvoir qui découle de leur position leur rapporte trop de pognons que pour se remettre en question. Bloquer dans leur case dans laquelle n’importe que les chiffres. Peut importe ceux qui parlent des violences sur les personnes sexisées, du recul des droits des minorités, des attentats commis par des personnes blanches, peut leur importe la 6ième extinction de masse en cours, pourvu que le cours des choses leur permette de garder leur bourse pleine.Je déverse mon dégoût sur ceux qui peuvent se décharger en toute impunité parce qu’ils ont assez de thunes que pour s’acheter une justice favorable.

Je déverse mon dégoût sur ceux qui font sourde oreille aux appels à l’aide trop obnubilés par le chant des sirènes boursières.Je déverse mon dégoût sur ceux pour qui reconnaitre ses erreurs, s’excuser et demander comment réparer les torts causés sont un signe de faiblesse et non le b.a-ba d’une saine humanité. Ce ne sont pas les études qui manquent sur les effets de l’Empire actuel sur nos êtres.

Nous sommes en voie de glaciation profonde, l’Humanité en nous se tarit à mesure que l’Empire continue son emprise, dans cette même logique qui dicte nos vies. De croire qu’il détient la Civilisation. Que les solutions techniques nous sauveront.J’ai envie de faire la nique à tous ces bouffons. Pas pratique parce qu’ils sont légions et qu’ils ne méritent de moi, que la glaire que je laisse macérer dans l’attente de l’interstice fatidique où elle pourra voler, légère et fière, pour s’éclater, s’étaler de toute sa longue gluance sur le front d’un S.M, B.W., E.M, E.Z ou n’importe quel autre. Ils se confondent à s’y méprendre. J’en prendrai un pour exemple. Ca ne changera pas le monde, c’est sûr, mais ça me fera du bien.

En attendant cet attentat au crachat, en espérant le crash de ces attentistes technolubriques et nécrophiles, je tente avec les moyens du bord de forger une résistance à cette non-vie qui nous est imposée. L’avantage que j’ai sur eux, c’est que je ne crains pas la mort. Bien qu’elle me fasse peur, je ne la crains pas. Elle fait partie de moi, de ce que j’entreprends, et les pas que je pose et les gestes qui composent ma résistance sont imbibés de cette idée-là. Je mourrai un jour. Probablement plus tôt que ce que je le souhaiterai. Et ce jour pourrait-être ou peut-être demain, ça n’empêche rien. Ca remplit tout.

Tout ce que je touche, tout ce qui me touche, d’être rempli de vie. D’envies. Encore jusqu’à présent j’ai conscience de la chance et les privilèges qui me permettent de cultiver cette vie. Et la rage qui m’habite ne fait que décupler cet allant pour des changements. Pour que le carcan de non-vie qui étouffe nos vies se fissurent, que des brèches volées jaillissent une résistance étonnante, détonnante, face à la morbidité normalisée de nos existences. Je n’attendrai pas la fin du monde, ni de ma vie, les bras croisés. Je ne regarderai pas le monde se défaire, encore, en cors et en cœur de sa moralité, de ses valeurs, sans gueuler, sons protester. Je ne me prosternerai pas devant les nouvelles divinités : Culture, Technologie et Santé. Je sais quels masques elles portent : Abrutissement, Contrôle et Normalisation.

Je ne suis d’une goutte c’est sûr et dans l’océan de merde dans lequel on nage, la vie est dure. Y a des périodes avec et des périodes sans mais avant la période sang que laisse présager le bruit des bottes qui résonne (sans détonner, sans étonner) dans l’Europe actuelle, je me révèle : je suis bitchounours. Nouvelle génération d’humanité en transition, je suis hybride et je clame mon amour pour la révolution. Non, comme un rendez-vous, une date figée, un instant précis mais bel et bien comme un processus, une nécessité, chaque jour de résister. De trouver les us et coutumes à valoriser, protéger, partager, transmettre pour survivre au vent froid d’indifférence qui menace nos esprits et voile nos coeurs et lui opposer une résistance physique et psychique.

Bitchounours de mon con au bout de mes ongles, je ne compte pas le temps qui me sépare de l’extinction, cette question me remplissant plus d’inaction que de motivation, je me remplis de désir et d’espoir en comptant les personnes qui répondent à l’appel et répande la nouvelle : ceci ne s’appelle pas vivre. Expérimentons autre chose, testons, nous avons déjà tant perdu, nous ne pouvons rien attendre d’en haut. Les solutions ne pleuvent pas. Les expérimentations amènent des changements bien qu’elles fonctionnent à tâton. Y a pas de mode d’emploi tout fait pour sortir de la galère et de ce labyrinthe merdique. Juste à tester. Retour à l’empirique.

J’ai en tête l’Histoire, pas celle morcelée, biaisée qu’on m’a inculqué, celle que j’ai glanée ces dernières années à force de creuser pour comprendre ce qui m’entourait. Et c’est clair. Ce ne sera pas facile. Ce ne sera pas toujours doux. Mais c’est possible. Ceux qui ont écrit les prévisions de fin du monde avec pour corollaires non de susciter la colère (parce que ça mène à la révolte) mais l’attente de solutions toutes faites ne s’y attendent pas. Mais une résistance est en marche. Elle sera minoritaire (l’Histoire le dit aussi) mais elle existera. Elle existe déjà.

Au fond de moi, je garde ces pensées au chaud au fond de mon coeur. Je quitte mon carousel de pensées infinies et je continue à avancer. Sur une route pavée de lutte, je poursuis mon chemin. La tête haut, le front fière, la glaires prêtes. Messieurs les glaçon en fonction, vous n’êtes pas prêt. Ca va chauffer.

Allo l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

Mes enfants,
Mes chairs,

Je ne vous comprends plus. Je ne me reconnais pas dans ce que vous êtes devenu.e.s. J’ai cru que votre Humanité allait toujours subsister et là, vous venez à m’en faire douter.

Dans une église au plein coeur d’une capitale européenne, à Bruxelles, capitale de l’Europe, je vous le rappelle, des frères et de soeurs de votre espèce, humaine, sont occupé.e.s à mourir et cette nouvelle ne retentit pas dans le brouhaha du flot d’infos.

Submergé.e.s vous êtes.

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Mes enfants, est-ce que vous m’entendez ?

Je vous aime pour ce que vous êtes. Pour votre cœur qui bat, je vous porte de tout mon amour, je pensais que vous alliez le distribuer autour. Fêter la magie de la vie, de ressentir, de s’éblouir par la beauté mais al n’en a rien été. Vous avez construit des limites, des frontières, vous avez commencé à faire payer et exploiter d’autres êtres pour accumuler. Mes trésors sont devenus monnaie courante et la monnaie est dévaluée par des intérêts privés.

J’ai beau exprimer ma colère, ma peine, vous ne semblez plus à même de m’écouter. Je crois que le lien qui nous unissait vous l’avez en grande majorité tranché. A un moment, al y a de ça un certain temps, vous ressentiez encore ma présence. Partout autour. C’était fou. Vous me voyiez dans l’air, vous me reconnaissiez dans la terre, vous m’imploriez avant de prendre la mer, vous me parliez à voix basse devant les flammes, vous me craigniez dans les éclairs, vous m’admiriez dans chaque être d’une autre espèce.

Vous aviez la compréhension que nous étions ensemble. De l’unicité de nos existences. Qu’al n’y avait pas de hiérarchie parce que chaque place avait son importance. Ce n’était pas visible tout le temps mais vous aviez confiance. Tout est lié. Alors vous respectiez. Même sans voir. Vous n’aviez pas besoin de voir pour croire. Vous croyiez encore à l’époque. En moi. En la vie. En sa magie. C’était al y a fort longtemps. Est-ce que ce temps à vraiment existé ? Je ne sais plus maintenant. Je ne sais plus vraiment.

Quand vous avez commencé à diviser le monde, à classifier tout selon votre compréhension. Ça m’a fait sourire. Au début, je trouvais ça un peu mignon. Puis rapidement j’ai eu des frissons. Votre classification pyramidale vous donnait tous les droits. Vous au-dessus, les autres en dessous, vous pouviez décider alors vous avez continuer à classifier. Ranger, trier, ordonner. Éduquer. Domestiquer. Enfermer. Condamner ce qui sortait de votre logique. Utiliser la force à tout prix. Vous aviez commencé à perdre le fil.

Je vous regardais toujours de loin avec à chaque fois un peu plus de chagrin. Surtout vous mes enfants blancs. D’où est-ce que ça vous est venu franchement, cette idée que vous seriez les meilleurs finalement ? A partir de quel moment une couleur est mieux qu’une autre ? Vous ne croyiez donc pas à l’égalité que vous deviez à chaque fois faire valoir une supériorité ? Qu’est-ce que vous auriez trouvé comme prétexte si vous aviez tous eu la même couleur ? Je me demande. J’imagine que ça aurait été celle des yeux ou la longueur des cheveux.

La logique marchande vous a perdu. Vous avez vu dans le fait de faire de l’argent un sens. Une raison de vivre. Accumuler, faire fructifier, bâtir. Des empires. Des bastillons. Des murailles pour protéger ce qui était plus cher que vos entrailles. Des bouts de ferrailles et de gravats. Je n’aurais jamais cru que ce serait ça qui retiendra votre attention. A quel moment avez-vous perdu l’intention de vivre pleinement le monde ? A quel moment vos sens ont-il perdu toute signification ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

J’emporte tout sur mon passage ces derniers temps. Ca crée du mouvement. Ca vous bouleverse un temps. Ça sème l’idée qu’al y aurait des choses à changer. J’aurais aimé faire autrement mais je ne peux plus. Ça vient de mon dedans. Je suis souffrante, j’ai si peu de temps alors je donne tout ce que j’ai encore. Tout ce que vous ne m’avez pas encore pris. Des effets de surprises. De ma puissance. De mes forces que vous ne pourrez contrôler. Non, vous ne pouvez pas tout domestiquer. Oui, y a des limites à tout. Non, je ne consens pas à votre présence de la sorte pour les années à venir. Comprendre cela, c’est vous assurez un avenir.

Des appareils numériques vous entourent plus que des êtres vivants. Vous vivez dans une réalité qui perd de sa tangibilité et ça ne semble pas vous alarmez. N’entendez-vous pas la roue de votre hamster interne qui s’affole chaque jour un peu plus ? Alimenté le flot d’infos sa course est de plus en plus effrénée. Peur grandissante de manquer. De passer à côté des choses à savoir, à voir, à avoir. Accumuler le plus. D’objets, de gadgets, de conquêtes, des friendsrequest, de photos, de vidéos.

Et ne plus sentir son coeur qui bat. Et ne plus pouvoir faire venir les larmes. Et ne plus pouvoir s’émouvoir.

A quoi bon votre existence dans le fond ? Quel est votre sens profond ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

Mes enfants, est-ce que vous vous rappelez que vous avez un corps ? Que vous êtes plus que ce cerveau et cet égo qui vous gouvernent ? Est-ce que vous arrivez encore à le contacter ? Vous laissez porter par des mouvements spontanés ? Votre cerveau prend la plus de maitre et vous laisse sans coeur. Sans que ça vous fasse peur. Je croyais que votre place au-dessus de la pyramide humaine venait de cette capacité là. Celle de pouvoir s’émouvoir. Que la lumière qui éclaire l’âme humaine découle des larmes qu’elle est prête à verser. Se reconnaitre dans l’Autre, dans sa situation, faire appel à ses émotions. Connecter son empathie pour se sentir en vie.

Mais votre cœur semble s’être encrassé. Je lui diagnostique un mal rongeant et profond. Un amour de l’image. Un amour du vide. Vous devenez les coquilles que vous écrasez sur la plage sans le remarquer. Des réseaux ont démultiplié votre envie de vous connecter, de rencontrer au-delà de où vous habitez d’autres personnes. Et y a des bons côtés, j’ai vu comme dans certains cas, ça pouvait aider à pallier la solitude. A pouvoir découvrir des personnes qui comprennent parfois au-delà de nos latitudes.

Mais quel prix à payer pour ça ?

Vos images ne sont pas la réalité tangible. Tout le monde le sait et tout le monde l’oublie. Alors on prétend un temps que l’image qu’on partage est vraie et se crée un monde de mirage. Ou tout est vrai et son contraire. Les réseaux sociaux deviennent associaux, la liberté devient le contrôle à force de toujours pouvoir se repérer et malgré le 5G, mes enfants, vous n’avez jamais été aussi déconnecté. De ce qui fait sens. De vos sens. De vos sens autre que vos yeux et votre cerveau. Blocage sur plusieurs générations, complexité de libérer des émotions. Sincères, authentiques, pas plastiques et pour plaire.

Allo l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Je vous votre solitude et j’aimerais que vous sentiez que je suis là. Que malgré tout, moi je vous aime encore. Que je crois que vous pouvez faire mieux que ça. Être plus que ça. Que ces coquilles qui se vident de leur émotions et qui se mécomprennent à force de partage d’émoticônes. Je crois que vous pouvez abattre les frontières que vous avez construit dans vos cerveaux pour rêver à nouveau. La vie ne se domestiquera pas. Elle se rebellera. Et l’avenir sera plus brillant pour vous mes enfants que si vous prenez aujourd’hui le temps de vous reconnecter. A ce qui fait sens. A vos sens. A votre humanité.

Commençons par Bruxelles. Commencez à Bruxelles. Vous insurgez, vous indignez, criez, partager, la nouvelle que vos frères et sœurs sont laissé.e.s à une mort presque certaine pour des papiers. Parce que des lois ont été écrite et que certains disent que c’est dans du marbre. Mascarade et hypocrisie. Elles auraient un coeur. Je crois plutôt que le dérèglement climatique y a amener l’arctique et que le pauvre organe se retrouve complètement bloqué. Qu’il en serait presque devenu robotisé.

En 2021, dans une ville européenne, laissez consciemment mourir des personnes humaines parce qu’elles n’ont pas de papiers, parce que des lois (injustes, inégales, partiales) ont été écrites un temps n’a pas de sens. Encore moins de valeur et de profondeur.

Où sont passés vos coeurs ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Mini burn-out

Moi, je remarque que j’ai un fonctionnement mini burn-out.
J’ai des phases où je suis dans une hyper-productivité, un truc où je prends très peu de temps de repos et ça le fait…

Jusqu’à ce que je m’effondre . Mal de tête. Crise de larme. Vomis. Ça dépend mais mon coeurps me rappelle à l’ordre. Que je suis à bout de force, en manque totale d’énergie.

J’ai envie de sortir de ce schéma alors j’écris. Un exorcisme à moi pour moi. Peut-être bien.

Noter. Noter. Noter.

Noter. Noter. Noter. Pour que je n’oublie pas. Sinon, ça arrivera. Comme à chaque fois. Chaque fois je pense que cette fois-ci, c’est bon, j’ai compris et qu’on ne m’y prendra pls. Qu’à partir de maintenant, je prends ensoin de moi, vraiment.

En valorisant ce que j’aime faire. En mettant en avant les mouvements que j’aime tant. Et les mots qui me pansent. Mais non, je ne le fais pas. Faudrait quand même pas que je soin bien.

De quoi je me plaindrai après ? Ne pas changer pour pouvoir toujours me permettre un peu de place, d’espace pour ne pas avoir de contentement envers moi. Toujours quelque chose à améliorer. Chaque jour un truc à peaufiner.

L’amour conditionnel. Si tu atteins la perfection, je t’aimerai sans conditions. Privation d’affection qui crée tant d’afflictions. Pourquoi ne pas commencer par reconnaitre que la perfection est toujours imparfaite ? Impermanente, poreuse aux mouvements. Comme la mer. Comme une fleur. Comme toi.

Tu n’es pas la perfection et je t’aime. Dans toutes ces qualités et tes défauts. Dans toutes tes complexités et tes mâles fonctionnés. Et moi je voudrais m’aimer comme ça mais c’est plus sainple quand ça ne me concerne pas.

Fais comme je dis pas comme je fais. Pas si sainple d’être un exemple en fait. C’est pour ça qu’al y a des saintetés? Mais pourquoi ça nous vend l’image parfaite ? Parce que l’image peut-être retouchée. Parce que la création d’une illusion de réelle perfection, sans défauts, crée des besoins de changer pour atteindre cet objectif immuable.

Ces standards gravés dans le marbre et qui ne bougent pas. Ces images morbides de personnes momifiées par la technologie et l’envie de ne pas bouger. Je crois que tout ça ne m’aide pas à vouloir être moi. Des fois j’aime trop ça.

Je m’aime comme je sis et j’ai même de la fierté pour mon individualité que j’arrive à exprimer. D’autres dois, j’ai envie de m’enfuir, me transformer, me dissoudre parce que je ne trouve pas cet amour de moi.

Dissout dans le trou que j’ai dans mon coeurps. Celui qui m’aspire quand je ne vais pas bien. Celui de ces standards qui me déconnecte de mon être.

J’ai mal à la tête à force de me la prendre, je crois que j’ai juste besoin de bouger. La vider et me reconnecter à cette enveloppe que je déteste et chérie. Comme à chaque fois. Mais j’oublie. Je m’oublie.

Parfois j’ai du mâle à prendre soin de moi.

Noter. Noter. Noter. Pour ne pas oublier.

Quoi déjà ?

Je me suis fait fée.

A ma naissance, j’étais fée. Comme touz les bébéz. Je pouvais voler. Rêver. J’étais hors de l’abri noir de ma mère pour être dans la lumière arc-en-ciel de la vie. Le sentiment était enivrant, délivrant mais de courte durée. Parce que comme touz les féex et les bébéx, j’ai été assigné.

Fille.

Fini de jouer, fini de rêver, plus moyen de voler, les ailes m’ont été coupées. Respecter des règles et des normes. Etre sage, polie, gentille. Et encore sage, poli, gentille. Je voulais bien faire, je voulais bien plaire alors j’ai joué le jeu. Je n’avais pas d’évasion qu’à travers la télévision où je me permettais de rêver d’aventure. Aller avec les chevaliers du Zodiak sauver Athéna, où aider Sakura à retrouver les cartes.

Dans les livres aussi je trouvais ce refuge, ces mondes parallèles où je pouvais avoir de la force, du caractère, ne pas me laisser faire, avoir un corps puissant, sortir des rangs. Mais dans la vie tangible, je sentais les limites de l’imposition de cette assignation.

Une fois que j’ai plus ou moins compris ce que fille voulait dire, c’était déjà le temps d’être une femme. J’ai essayé aussi pas mal d’années. J’ai bien conformé mes rêves et attentes. Et puis y a un truc qui a bouilli dans le dedans. Je ne sais plus quelle a été la goutte exactement. Ça avait à voir avec les enfants. Et que j’ai compris que je pouvais choisir d’être maman. Qu’en fait y avait un choix à faire et je pouvais refuser. Ça m’a permis un premier pas vers ma liberté. Mon refus état d’abord verbal. Faire savoir à mon entourage que non merci, ça ne sera pas pour moi. Je voulais encore être femme même sans le déchirement de mes entrailles.

Et en même temps, le mot ne collait bien plus à ma peau. Je me reconnaissais de plus en plus comme une femelle mais une femme ? Peut-être parc que j’avais trop la rage de tous ces codes que j’avais bouffés, de toutes ces règles que j’avais respectées, de tous ces rêves que j’avais oubliés, de mon enfance qui me manquait tant. La joie de s’imaginer faire plein de choses, d’être fier.

Alors là, ce choix-là, de ne pas être mère, j’l’ai gravé dans mes chairs. Comme une femelle, comme la licorne que je voulais être, j’ai stérilisé ma potentielle maternité. Je me suis permis de décider qui et comment je voulais être. Je reprenais les rennes. Je ne voulais plus que me plaire à moi. Tant pis pour les autres si ça ne plaisait pas.

J’affirmais de plus en plus que je me sentais femelle ou flamme mais clairement que femme je n’étais pas. Je n’en voulais plus de ça, de ce poids-là.

J’ai repris à nouveau ma faculté à rêver. De me donner des aider pour aller plus haut. De redevenir fée après tant d’années. Je revois la petite fille en moi et je la prends fort dans mes bras. J’ai envie de lui expliquer que plaire à d’autres, c’est une perte de temps. Une galère, une guerre que tu ne peux pas gagner. Y a aura toujours un truc à changer. J’ai envie de la féliciter, l’enqueerager à rêver, à assumer son identité, la fluidité qu’elle aura peut-être envie d’expérimenter. Lui expliquer que rien n’est figé.

Aujourd’hui, je me sens flamme. Je me sens S.A.L.O.P.E.S., guerriaire, fée, j’ai à nouveaux des ailes. Et si je suis toujours femelle, je suis hors de ma cage. Trop tard pour le domptage, j’ai trop donné, trop d’années, je vais vers ma nature sauvage.

Je suis bitchounours. Je crois dans le pouvoir de l’Amour pour faire sauter cette binarité dans laquelle on est englué, ces moules qui nous conforment et uniformisent nos altérités. Sans la naïveté des bisounours. J’ai des crocs prêts à déformer celleux qui veulent dompter et diviser le monde.

Je sais qu’al y a une horde quelque part dans le monde de personnes comme moi. Je sens qu’al va y avoir plein d’aventures et c’est super palpitant. Même plus besoin de la télé maintenant. Age adulte et rêves d’enfants, peut-être que l’évolution c’est de devenir enfulte et de briser les frontières qui nous casent entre les âges avec tant de distinction ? Les frontières autour et entre nos êtres sont nos propres prisons.

Vive la grrrêvolution des bitchounours !

Où est le sens ?

Où est passé le sens des mots ? Ça fait quelques temps que cette question me trotte dans la tête et je ne sais pas où trouver la réponse. J’ai la sensation que le sens des mots les a quitté, qu’ils sont maintenant pour certains vides de ce qu’ils devaient représenter et ça me fait grandement flipper.

Prenons par exemple le mot sans-papiers. Déjà, c’est quand même bizarre de l’utiliser pour définir des personnes sans spécifier que c’est ça l’objectif donc al serait plus juste de dire personnes sans-papiers. Ensuite vient la question de quels papiers ces personnes seraient sans. Parce que concrètement, des papiers, ces personnes en ont plus que moi et probablement beaucoup d’entre vnous. Annexes, formulaires, certificats, preuves, rendez-vous, annexes encore… Des feuilles et des feuilles qui s’entassent dans des dossier en vue d’obtenir un papier, un titre de séjour régulier. L’appellation sans-papiers n’a donc pas de sens. Le terme juste serait : personne sans titre de séjour. Ou esclaves modernes.

Ce terme là aussi serait plus juste pour décrire le traitement qu’on inflige aux personnes qui n’ont pas de titre de séjour. Elles peuvent travailler mais un travail sans contrat, sans protection sociale, sans rémunération juste, c’est de l’exploitation, encore une fois le sens se perd ! Elles peuvent habiter sur le territoire depuis des années mais en craignant le contrôle, en ayant la peur au ventre. C’est donc un mode de survie et pas de vie. Des esclaves modernes survivent à l’exploitation sur le territoire belge. Avec des mots justes, c’est une autre narration qui prend forme. Et les histoires qu’on se raconte influencent grandement notre propension à l’action.

Si dans l’histoire les protagonistes ont l’air d’être coupables de leur situation, rare sont les personnes qui souhaiteraient leur venir en aide alors que si les personnes sont victimes de mécanismes racistes, alors là peut-être qu’un plus grand nombre de personnes serait prêt à agir. Dans les mots qui perdent leur sens, action est également sur ma liste. Est-ce qu’une action en ligne a la même valeur qu’une action dans la vie réelle ?

Et si pas, comment est-ce qu’on fait pour arrêter l’incitation au like, partage et commentaires , qui font que ça constitue une action mais se faisant on peut avoir l’impression d’avoir fait sa part alors que concrètement rien n’a changé à part que le sujet a un peu gagné en visibilité. Et la visibilité est-ce qu’elle a du sens ? Sur des réseaux dont les algorithmes contrôlent l’étendu et la portée de ce qui est partagé, maintenant les informations dans des bulles aux étendues définies, l’information a du mal à toucher des personnes qui ne se sentent pas déjà concernées. Quelle énergie à essayer de visibiliser pour essayer que des personnes agissent et quelle déception quand leurs actions se limitent à la propagation de nouvelles. Peut-être parce que la vie virtuelle prend plus de place qu’elle fait plus de sens pour beaucoup.

Et là pour moi c’est encore une perte de sens. On parle de réseaux sociaux alors qu’une lettre permettrait de rendre plus juste ces sites, des réseaux Asociaux. Ou malgré toutes les bonnes volontés du monde, tu ne peux pas empêcher que ça modifie ta conscience de toi, ta confiance en soi. T’as remarqué comme c’est plus dur d’appeler, de passer des coups de fils ? Échange de phrases parfois de petits messages vocaux où tu n’as pas toute la richesse d’une réelle communication, une réception directe de ce que ton message provoque.

Soit, digression sur les réseaux, je reviens à ce qui me préoccupe. Les esclaves modernes de la Belgique sont occupé.e.s à lutter pour obtenir un titre de séjour régulier et aujourd’hui iels sont prêt.e.s à aller jusqu’à la mise en danger de leur vie. 8 jours qu’une gréve de la faim de plusieurs centaines de personnes a commencé. 8 jours que ces personnes déjà affaiblies par leur survie en Belgique, l’occupation des lieux à Bruxelles, ont maintenant franchi le pas de ne plus s’alimenter.La réaction en face est de la non-assistance à personnes en danger. Tellement peu de mots pour relayer leurs maux. La visibilité n’est donnée que très peu souvent à des sujets dérangeants. Et c’est le cas ici.

Ces occupations dérangent parce qu’elles poussent à reconsidérer ce qui a été normalisé. Une invisibilisation de personnes, de mécanismes racistes et ça nous questionne sur ce qu’on peut faire. Sur notre zone de connu. La Belgique a toujours connu la survivance des personnes sans titre de séjour sur son territoire. Ça ne l’a jamais dérangé puisqu’elle en profite. Et en même temps cette situation n’a pas de sens puisqu’elle en profiterait plus si les personnes étaient régularisées. Plus de taxes, plus d’impôts…

Ça n’a pas de sens de lutter, de mettre tellement d’énergie et d’argent pour arrêter la survivance de personnes qui sont ici depuis des années, des décennies et parfois qui sont nées ici. Enfin si. Le sens que ça a c’est le maintien d’une situation connue parce que l’inconnu fait peur encore plus que les changements en profondeur. Ça a du sens la protection des sensibilités blanches fragiles qui ne veulent pas encore voir les mécanismes racistes à l’oeuvre dans l’exploitation des personnes sans titre de séjour.

Ça a du sens de maintenir des apparences de contrôle parce que céder ce serait une acte de faiblesse et pas de justesse. Remettre de la justesse dans une situation injuste. Mais dans notre monde où la justice est en fait un système qui protège les riches, plutôt de la juriche ou justriche, et où la justesse est complexe à identifier parce qu’on est touz grandement déconnectæ de notre coeurps, qu’est-ce qu’on peut espérer ?

Moi, j’espère, j’aspire, à un éveil des mentalités, un réveil de la flamme intérieur de l’Humanité. La logique des glaçons est occupée à refroidir la flamme de nos âmes humaines. Dictée par la logique du profit et des algorithmes, notre Humanité est en crise. A l’intérieur de nos coeurs. Nos coeurs ne battent plus que de manière logique n’osant plus s’émouvoir ni ressentir ce qui fait sens. Probablement parce que le mot sens a perdu le sien, de sens.

Pour moi ce qui fait sens c’est ce qui est juste et ce qui est juste est lié au coeur et pas au mental. Des personnes sans titre de séjour régulier sont occupées à lutter avec leur vie pour l’obtention d’un changement dans leur situation et je ne sais pas si écrire ce texte a du sens ou non.

Pistes d’actions pour soutenir les personnes sans titre de séjour :

Vie tangible :
– Participer aux manifestations de soutien- Imaginer des actions créatives et directes: https://ilestencoretemps.fr/PetitGuideAutonomeCreatifEff…/
– Se rendre sur place pour écouter comment aider les personnes

Vie virtuelle :
– Partager, liker, commenter leur combat
– Signer la pétition : #wearebelgiumtoo: https://www.wearebelgiumtoo.be/…

Uniforme bleu.

C’est encore toi.
J’espérais que je ne te reverrais pas
mais te voilà devant moi.

Robot vêtu de bleu,
homme informe en uniforme.
Quelle forme à ton humanité
quand les ordres tu ne fais qu’appliquer ?

Quelle foi avoir en toi
si tu te caches toujours derrière les responsables.
Police = justice, le plus grand des mensonges
que le masque de cette hypocrisie tombe.

Quand seras-tu jugé
pour les crimes que tu commets ?

Ce n’est peut-être pas toi directement
mais ton silence te rends complice réellement.

Cette impunité des hommes blancs en uniforme bleu
me fait trembler face aux crimes de la blanchité.

Je te vomis des paillettes.
Qui révèlent ta vraie tête.
Les paillettes te heurtent telles des bombes
Et font fondre sur toi
La carapace derrière laquelle tu te caches.

Tes pensées sont courcircuités par l’acuité que les paillettes te révèlent.

Tu ne peux plus te cacher.
Tu vois les les faits en te décentrant.
Tu prends conscience que tu te mens
si pour la justice tu œuvres actuellement.

Tu vois l’absurde sûrement des listes Forbes,
des classements de milliardaires
si c’est pour que la misère
fasse toujours partie de cette ère.

Le fond, l’idéologie de la justice
telle que tu la sers est pourrie.
Elle est tordue pour soutenir ceux qui nous dirigent.

Des mâles hétéros blancs vieux et aigris.

Tu vois qu’on te force à regarder les symptômes
mais jamais les causes
de ce qui crée la merde
dans laquelle certaines âmes
se retrouvent être mal nées.

A cause de frontières arbitraires érigées
pour protéger des intérêts économiques
et pas la protection d’une vie en harmonie
avec le vivant, les êtres humains, touz ensemble.

Oui, ça parait utopique mais comment
peux-tu dire que tu œuvres pour la justice
si ça ne fait pas partie de ton idéal ?
Si tu ne souhaites pas là paix, peux-tu défendre la justice ?

Je t’avertis, là, aujourd’hui
je n’aurai de cesse de t’interpeller
sur tes crimes tant que tu n’aurais pas montré
qu’un changement dans tes rangs tu souhaites,
vraiment.

Tant que tu tolèreras ce collègue qui déconne parfois
qui est un peu limite, « juste » ou « ça pourrait être pire ».
Non, maintenant tu prends conscience que le moment
de briser le silence est venu.

Tu dois te révolter si tu veux pouvoir éviter la colère de la rue.
Tu as un camp à choisir, ça va sans dire.

Ibrahima, Adil, Mehdi, Lamine, Semira, Mawda, Sabrina, …
Connais-tu leurs noms et leurs nombres ?
Des victimes du racisme d’Etat que tu portes en toi.

Si tu veux lutter contre le racisme
tu ne peux ignorer les privilèges de ta blanchité.
Je t’ai trop rencontré cette année,
je sais le confort blanc dans lequel encore tu te complets.

T’as du sang sur les mains, tes silences n’y changeront rien.
Bien au contraire, pour évoluer mon frère,
tu vas devoir briser cette manie
que tes paires ton inculquer. Aujourd’hui, c’est fini.

Briser le schéma trop longtemps répété
faire preuve d’exemplarité et montrer
que le fond, l’idéal de justice
importe plus que l’uniforme que tu portes.

T’es enfermé dans un case de tissus
qui t’empêche de faire preuve d’humanité
robotisé pour obéir sans réfléchir.

On ne sépare pas l’homme de l’artiste
ni l’uniforme de l’homme.

Ton silence blanc derrière ton uniforme bleu est rouge sang.
Al est temps que tu en prennes conscience.
L’Etat est raciste, la police complice tant qu’elle ne se forme pas.
Reconnaitre ta blanchité, c’est le minimum du b.a-ba.